Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau : le calcul exact sans se tromper

On sort le pulvérisateur, on ouvre le sachet de poudre bleue, et on se retrouve avec une cuillère en main sans savoir combien mettre dans un petit litre d’eau. La plupart des tableaux de dosage en ligne donnent des grammes pour 10 litres, et ramener ça à 1 litre demande un calcul simple où une erreur de virgule suffit à brûler des feuilles de tomates.

Le dosage bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau dépend de deux choses : la culture visée et la concentration en cuivre métal du produit que vous avez acheté.

Pourcentage de cuivre métal : le chiffre qui change tout le dosage

Les concurrents alignent des grammes par litre, mais oublient un détail technique : toutes les poudres de bouillie bordelaise ne contiennent pas la même proportion de cuivre métal. Un produit dosé à 20 % de cuivre métal ne se prépare pas comme un produit à 25 %. En versant la même quantité de poudre, on n’applique pas la même quantité de cuivre sur les feuilles.

Avant de peser quoi que ce soit, on retourne le sachet et on cherche le pourcentage de cuivre métal. C’est cette donnée qui détermine la dose réelle, pas le volume d’eau seul. La notice du fabricant prime sur tout tableau générique.

Si le fabricant indique un dosage pour 10 litres, on divise simplement par 10 pour obtenir la dose par litre. Par exemple, si la notice prescrit un certain grammage pour 10 litres sur tomates, on divise ce grammage par 10 pour un seul litre. Le calcul est une division, pas une estimation au jugé.

Homme préparant la bouillie bordelaise dans un pulvérisateur d'un litre au milieu des vignes au printemps

Dosage bouillie bordelaise par culture : tableau pour 1 litre

Les doses varient sensiblement d’une plante à l’autre. On ne traite pas des tomates comme des pommes de terre ou un pommier. Voici les repères les plus courants, tirés des indications fabricants standard (pour un produit classique à 20 % de cuivre métal) :

Culture Dose indicative pour 1 litre d’eau
Tomates, aubergines Environ 6 g
Salades, légumes feuilles Environ 12,5 g
Arbres fruitiers (pommier, cerisier) 15 à 20 g
Pommes de terre, vigne Environ 25 g

Les tomates et aubergines reçoivent la dose la plus faible parce que leurs feuilles sont sensibles aux brûlures de cuivre. Les pommes de terre et la vigne, plus résistantes au contact, tolèrent une concentration supérieure. Dépasser la dose sur les solanacées provoque des nécroses foliaires visibles en quelques jours.

Peser sans balance de précision

Peu de jardiniers possèdent une balance capable de peser 6 grammes. Une cuillère à café rase de bouillie bordelaise en poudre pèse autour de 5 grammes, mais les retours varient sur ce point selon la granulométrie du produit. On peut aussi peser une dose pour 5 ou 10 litres sur une balance de cuisine ordinaire (plus fiable à partir de 20-30 g), puis diviser le mélange obtenu en parts égales.

Préparer le mélange dans le bon ordre pour 1 litre

Verser la poudre directement dans le pulvérisateur rempli d’eau froide produit des grumeaux qui bouchent la buse. La méthode qui fonctionne à chaque fois suit un ordre précis.

  • Mesurer la quantité de poudre nécessaire selon la culture (voir tableau ci-dessus) et la délayer dans un fond d’eau tiède, dans un récipient séparé, en remuant jusqu’à obtenir une bouillie homogène sans grumeaux.
  • Verser cette bouillie concentrée dans le pulvérisateur déjà rempli du reste d’eau (froide) pour compléter à 1 litre, puis agiter de nouveau.
  • Utiliser le mélange dans les heures qui suivent : la bouillie bordelaise perd en efficacité au-delà de 24 heures après préparation, et les particules de cuivre sédimentent au fond.

On agite régulièrement pendant la pulvérisation. Le cuivre retombe vite, surtout dans un petit volume d’eau.

Vue de dessus des outils pour doser et préparer la bouillie bordelaise avec un litre d'eau sur une table en pierre

Limite réglementaire en cuivre : ce qui encadre vos traitements

Le dosage par litre ne suffit pas à garantir un usage correct. La réglementation européenne encadre la quantité totale de cuivre apportée au sol, et ce plafond annuel est plus contraignant que la dose par application. Les produits cupriques font l’objet de restrictions renforcées, et l’ANSES a resserré les conditions d’usage depuis janvier 2026 (règlement européen n° 2025/1489).

Concrètement, on ne peut pas multiplier les passages à dose maximale sans dépasser les seuils autorisés. Additionner les grammes de cuivre métal de chaque traitement sur la saison reste le seul moyen de rester dans les clous. C’est pourquoi traiter moins souvent avec la bonne dose vaut mieux que traiter souvent avec une dose approximative.

Accumulation dans le sol

Le cuivre ne se dégrade pas. Chaque pulvérisation ajoute du cuivre dans les premiers centimètres de terre. Sur des parcelles traitées depuis des années, les analyses de sol révèlent parfois des concentrations élevées qui perturbent la vie microbienne. Réduire la dose au strict nécessaire protège à la fois la plante et le sol sur le long terme.

Erreurs fréquentes qui faussent le dosage pour 1 litre

Quelques pièges reviennent souvent au potager et expliquent les échecs de traitement ou les brûlures foliaires.

  • Appliquer un dosage trouvé en ligne sans vérifier la concentration en cuivre métal du produit acheté : deux marques différentes peuvent nécessiter des quantités de poudre très différentes pour le même résultat.
  • Arrondir « au-dessus pour être tranquille » : sur 1 litre, ajouter 2 ou 3 grammes de trop représente un surdosage proportionnellement bien plus élevé que sur 10 litres.
  • Pulvériser sur des feuilles mouillées par la rosée ou juste avant la pluie : le produit ruisselle, la couverture est inégale, et on est tenté de repasser un traitement supplémentaire qui fait exploser la dose cumulée de cuivre.
  • Mélanger la bouillie bordelaise avec un produit acide (engrais foliaire, purin) sans vérifier la compatibilité : le cuivre peut précipiter et devenir phytotoxique.

Toujours traiter par temps sec, sans vent, et sur feuillage sec. C’est la condition de base pour que la dose calculée corresponde à la dose réellement déposée sur la plante.

Le dosage bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau se résume à une division par 10 de la dose fabricant pour 10 litres, ajustée à la culture et au pourcentage de cuivre métal du produit. Garder une trace écrite de chaque traitement (date, dose, culture) permet de suivre le cumul de cuivre sur la saison et de respecter les plafonds réglementaires sans mauvaise surprise au printemps suivant.

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